LA FILLE DE MA MERE, Cathy Karsenty (Yvon)

 


LA FILLE DE MA MERE, Cathy Karsenty

Editions du Seuil, 188 pages
Parution : 02/01/26

J'ai lu  ce court roman autobiographique dans le cadre d'une opération Masse Critique Privilégiée de Babelio, et je les en remercie, je l'ai dévoré tellement je m'y suis retrouvé.

C'est le premier roman de Cathy Karsenty sans doute plus connue (pour le moment) par ses talents d'illustratrice. Fille unique d'une mère qui était la maîtresse d'un homme marié, elle a dû assumer au moment du grand âge de celle-ci de gérer la vie de sa génitrice, Alzheimer s'étant invité dans leur histoire. 

Claudine, la mère donc, a préféré sa fille à l'homme qu'elle avait aimé même si le lien avec celui-ci a duré plus que leur histoire d'amour. La relation mère-fille ne fut pas simple, elle le dit : elle ne furent jamais complices mais elles furent toujours là l'une pour l'autre. Claudine a tout assumé, être fille-mère a une époque où ce n'était pas facile, et Cathy a assumé Alzheimer, le placement à la Fondation Rothschild, les visites  parfois douloureuses, la mémoire qui s'en va peu à peu, les confusions, les fâcheries, les frais (aussi).. Elle nous raconte tout cela comme elle se l'était fixé, cela doit être drôle, jamais tire-larme. On devient tous (et je suis bien placé pour le savoir) à un moment les parents de nos parents surtout quand cette fichue maladie s'invite.. On fait face, on gère en ayant l'impression de trahir (surtout quand on vide l'appartement parental de leur vivant), on culpabilise (en fais-je assez ? suis-je à la hauteur ?).

Mais ce n'est pas que cela, Cathy Karsenty nous parle aussi de ce père qu'elle n'a pas connu. Elle reconstitue l'histoire d'amour de ses parents à partir de lettres, de photos : la rencontre, la relation secrète, "l'Autre" la légitime (savait-elle ?), l'éloignement. Elle reconstitue, elle découvre, elle nous raconte au présent dans des chapitres courts sa vie, celle de sa mère. Du moins ce qu'elle en sait, cette dernière n'étant pas du genre à se confier longuement. Les souvenirs de l'Algérie, la "tribu" Karsenty, le passé familial, sa vie à elle entre travail et visites à la Fondation. 

C'est intime sans voyeurisme, sincère sans pathos, sensible et fluide. Beaucoup d'entre vous vont se reconnaître tellement les mots sont justes. L'EHPAD, le grand âge et la fin.. inexorable. On s'y prépare, on sait qu'elle va arriver.. par surprise ou lentement.


Un roman qui parle de tout ça avec émotion mais sans vous déprimer. Ensuite, il faudra vivre "l'après". Mais ça c'est une autre histoire...

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