Lettres d'amour à un tueur en série ; Tasha Coryell (Yvon)




Lettres d'amour à un tueur en série ; Tasha Coryell
Editions Pocket, 406 pages

Encore un tueur en série ? me direz-vous. Oui et non. Parce que le personnage principal ici n'est ni le tueur ni les victimes mais une de "ces" femmes, une de ses "fans". Oui, nous le savons tous, il est des femmes fascinées par ce genre de criminel, elles en tombent amoureuses, parfois même elles les épousent en prison. Dans ce récit, une admiratrice dit : - Ce qui est sexy, c'est pas lui, c'est le danger..

Hannah est une trentenaire, elle est ligotée sur une chaise à la merci du tueur. Elle sait qu' elle va mourir mais elle espère contre toute attente qu'au dernier moment IL va se rendre compte qu'elle l'aime et comme dans un conte de fées il renoncera à lui faire du mal. Comment est-elle arrivée là ?

Hannah a un emploi qui ne lui correspond plus vraiment, ses amours sont décevantes (Max son rocker d'amour l'a larguée), elle se trouve quelconque, voire repoussante, même quand les autres lui disent qu'elle est belle. Et puis, un jour, elle entend parler de William Thompson, il est accusé de 4 meurtres de jeunes femmes. Il est avocat, beau et riche donc fascinant. Les réseaux sociaux, les forums d'admiratrices-enquêtrices vont remplir sa vie. Parce que forcément un homme comme ça est innocent, il faut l'aider... et même s'il tue, surtout s'il tue, il est encore plus.. intéressant. 

 Innocent ou pas, pour Hannah ce n'est pas le sujet. Elle veut comprendre. Elle lui écrit, elle ne sait pas vraiment pourquoi. Il lui répond. Et cette correspondance va les ouvrir l'un à l'autre. William est intelligent, cultivé, il raconte son enfance, son frère, ses parents, la rigidité paternelle. Elle lui raconte ses misères. La relation se noue. Ils ne se sont jamais rencontrés, jamais vus jusqu'à ce qu'elle lui envoie des photos. Mais ils s'aiment. Et le procès s'ouvre.. 

Je ne vous en dirai pas plus. On est "fasciné par cette fascination". Par cette jeune femme intelligente mais dont la vie médiocre, du moins c'est ce qu'elle ressent, la fait se tourner vers un assassin. Le récit à la première personne, les extraits de lettres montrent un glissement lent et apparemment pas malsain. Elle se ment. Elle, elle n'est pas comme les autres, ces groupies de tueur. Elle est différente, croit-elle.

Et quand elle se retrouve aux mains de son bourreau, Hannah espère. Entre temps, elle a espionné les familles des victimes et celle de William, elle a même noué une relation avec le père et le frère de celui-ci. Elle sait que ce n'est pas bien, mais elle ne peut pas s'en empêcher. Quoi que cela lui coûte.


Un livre un peu lent mais à la fin étonnante et, pour une fois, ce n'est pas l'assassin qui est important mais ceux qui gravitent autour. Et la question que vous vous posez aussi sans doute : Comment peut-on être comme ça ?

Phrase qui s'applique autant à Hannah qu'à William. Fascinant, non ? 😉

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