J'ÉTAIS LE COLLABO SADORSKI, Romain Slocombe : Yvon

J'ÉTAIS LE COLLABO SADORSKI, Romain Slocombe

Éditions Robert Laffont - La Bête Noire, 516 pages

Broché, 21€


Merci aux éditions Robert Laffont pour ce service de presse impatiemment attendu et à Romain Slocombe pour son accueil et sa dédicace au Salon Noir sur Ormesson le 20 novembre dernier. Il s'est montré toujours aussi simple et disert sur un futur tome 7 !


Mais parlons déjà de celui-ci, le tome 6. La saga SADORSKI se poursuit. Nous avions laissé notre "héros" en très fâcheuse posture lors de la libération de Paris le 25 août 1944. Véritablement lynché par une foule vengeresse. Notre s....d préféré y a perdu un oeil, sa femme, sa maîtresse, son fils, son travail et sa maison !  Mais il se retrouve "amnésique" hospitalisé au Val-de-Grâce après l'une de ses manipulations habituelles. Manque de chance, reconnu, il est arrêté et n'échappe que de peu à la mort. Puis il tombe entre les mains des "résistants cocos" (je cite), lui le catho-facho-xénophobe autant anti-communiste qu'anti-américain...


S'ensuit alors (et j'ai énormément appris sur cette partie de l'épuration que j'ignorais) une longue description des horreurs (et des erreurs) perpétrées par les communistes à l' Institut Georges Eastman de Paris. Détentions arbitraires, tortures, jugements expéditifs et assassinats. Les motifs ne sont plus raciaux mais politiques, on est cependant descendu au niveau des nazis. Du 25 août au 15 septembre, date de l'évacuation forcée par l'armée américaine,  le fanatisme stalinien du PCF de l'époque ne fait pas la "gloire" d'une bande de sadiques exaltés,  bornés, incultes. On se retrouve dans l'ambiance de la Terreur de 1793 où une simple dénonciation sans preuves vous envoie, non à la guillotine,  mais devant un peloton d'exécution. Tribunaux d'exception révolutionnaires, jugement iniques, nombre de suspects y ont laissé leur vie, certains coupables d'autres totalement innocents. Paul Léautaud avait raison : Marat est toujours vivant !


Cela permet à Romain Slocombe de raconter "l'épuration sauvage" (dixit De Gaulle) alors que la guerre continue et que Paris danse; en mêlant habilement personnages réels et fictifs au travers d'une documentation incroyable.


Sadorski traqué ne pense qu'à retrouver son fils et sa femme... et à se venger. Notre collabo préféré ne change pas,  violent, menteur, voleur, assassin récidiviste... D'août à octobre 44, le rythme lent de cet épisode permet d'explorer l'atmosphère étonnante et sombre de cette libération dont on n'a retenu que le côté glorieux. Drancy s'est vidé de ses juifs pour se remplir de collabos en attente de jugement.  Pendant que dans la capitale,  escrocs,  voleurs, résistants de la 25e heure s'en donnent à coeur joie ! " L'HUMANITÉ " 😉 n'en sort pas grandie...


Paris danse et tue. Mais la guerre n'est pas finie.... La cavale de Sadorski non plus !


Fans de Slocombe et de "Sadorski l'attachant s......d" , ne ratez pas cet opus.  C'est noir et violent... comme l'âme humaine... parfois... 



A retrouver sur le blog :


La Gestapo Sadorski

L'inspecteur Sadorski libère Paris

- Noir sur Ormesson

Festival Sang d’Encre, Vienne, 27-28 novembre 2021

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