UNE SALE FRANCAISE, Romain Slocombe

UNE SALE FRANCAISE, Romain Slocombe
Editions Seuil, 240 pages
Broché
Parution : 5/1/24

J'ai lu ce roman dans le cadre d'une opération Masse Critique Privilégiée de Babelio et du Seuil, je les en remercie.

Je suis fan de Romain Slocombe, j'ai dévoré la saga Sadorski et j'attends impatiemment le prochain tome. La dernière fois que j'ai rencontré l'auteur, il avait évoqué ce "one shot" qui ferait une pause dans la saga susnommée. Pause pas tout à fait puisque nous restons dans cette période qui lui est familière : l'Occupation. Nous oscillons entre 1947 et les années 42 à 44.

D'abord, un prologue. L'auteur nous raconte que ce livre est né d'un  dossier judiciaire qui lui a été envoyé. Dossier qui évoque l'enquête au sujet de deux femmes étrangement semblables Aline Beaucaire et Aline Bockert. Puis c'est un avertissement de l'éditeur expliquant le remaniement des textes écrits par Aline Beaucaire (nous y reviendrons) et l'alternance avec le dossier de police. Les deux femmes n'en font-elles qu'une ? Aline Beaucaire est-elle une pauvre fille, femme de chambre dans des hôtels, amoureuse d'un pilote français pétainiste qui fréquente le milieu marseillais et d'étranges hommes en relation avec l'Allemagne, en cette période (42-44) où l'espionnage allemand sévit en zone libre malgré les accords avec Vichy. Ou est-elle Aline Bockert, la Panthère Rouge, nazie féroce qui cherche à se refaire une réputation en 1947 ?

Parce que ce livre est principalement construit autour de la longue lettre d'Aline à un commissaire de police où elle prétend raconter sa vie, donner sa version des faits : sa naïveté amoureuse. Alsacienne ingénue ou Suissesse cruelle ? Ce roman est inspiré de la vie réelle d'Alice Mackert, la vraie Panthère Rouge. Comme à son habitude, Romain Slocombe enchevêtre réalité historique et roman, comme il a fait du vrai inspecteur Sadosky son Sadorski..

Un roman plutôt court par rapport aux énormes tomes habituels qui passionnera les amateurs de cette période grise où l'on passe d'un camp à l'autre, où tout le monde ment, où l'on commet des horreurs avec en ligne de mire "l'après" (si on survit à la guerre, aux tribunaux d'épuration et à la vindicte populaire). J'ai toutefois quelques réserves sur la forme. L'alternance récit/dossier brise souvent le flot romanesque et le récit un peu trop littéraire d'Aline Beaucaire est assez peu vraisemblable de la part d'une simple femme de chambre aux origines modestes. Même si j'en comprends la nécessité romanesque.

Un livre qui va permettre de (re)découvrir cette époque trouble de l'Occupation et de l'immédiate après-guerre avec ses arrestations et ses procès. Cette période qui a vu "oublier" des coupables, punir quelques innocents et permettre à de tristes personnages d'échapper à une juste punition. Pas le Slocombe le plus saisissant mais un pas de côté qui complète le tableau des Collabos avec une femme dangereuse, ce qui est assez rare.
En attendant le prochain Sadorski..

A retrouver sur le blog :


La Gestapo Sadorski
L'inspecteur Sadorski libère Paris
Noir sur Ormesson
Festival Sang d’Encre, Vienne, 27-28 novembre 2021

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