Un dimanche à la mer (nouvelles) Rosalie Lowie, Dominique Van Cotthem, Frank Leduc et Emilie Riger (Yvon)
Un dimanche à la mer (nouvelles)
Editions BoD (170 pages)
Que d'univers différents et que d'émotion dans ce petit volume !
Une fois par an depuis 6 ans, nos "Quatre fantastiques" nous offrent
un recueil de nouvelles. Et dire que celui-ci est réussi.. le mot est faible !
Rosalie Lowie avec "Le paradis perdu" nous offre la dernière échappée
belle d'Adam. Ce rebelle dans l'âme, veuf de sa Marie-Ange tant aimée, profite
d'une excursion en mer pour s'échapper de sa maison de retraite pendant qu'il
en est encore capable. Retrouver le paradis perdu. La sensibilité de Rosalie
Lowie rend immédiatement attachant son personnage, il nous prend par le coeur
et on vit son rêve robinsonesque avec lui. La fin va vous "cueillir"
comme je l'ai été..
Dominique Van Cotthem reste à sa manière dans le polar avec ce "Dimanche
au mois de mai". Deauville, un homme, une femme... chabadabada ? Que nenni
! Un homme, une femme qui se détestent, au bord du divorce. Un dernier week-end
dans un palace et puis on ira régler ça chez le notaire. Sauf.. que madame est
en fauteuil, que monsieur a un passé bien trouble et que chacun cache ses
véritables intentions. Qui manipule qui ? Qui aura la "peau" de
l'autre ? Grinçant, mené de main de maître jusqu'à la dernière ligne !
Frank Leduc perce les "Brumes" du 6 juin 44 pour vous tordre le coeur
et vous laisser gorge serrée avec ce récit poignant. Deux jeunes Américains de
l'Illinois, William et Big Robert, se sont engagés pour vivre il ne savent pas
trop quoi, mais ensemble. Ils sont là dans cette barge qui approche de St
Laurent-sur-Mer à l'aube du D-Day et là, au-dessus de la plage il y a Erich, un
très jeune Allemand qui les attend derrière sa mitrailleuse. Leurs destins aussi
les attendent.
L'épilogue est superbement écrit, il est impossible de le lire sans être
touché, c'est beau tout simplement. Je "voyais" la scène, j'étais là
avec eux.. Je n'ai pas été touché comme ça par un épilogue depuis longtemps.
Superbe.
Magnifique est le mot qui convient pour "A grandes eaux" le texte
d'Emilie Riger. Ce n'est pas une nouvelle, c'est le récit du drame qui a frappé
Emilie. Je ne l'ignorais pas et j'en suis ici encore plus bouleversé. Un texte
déstructuré entre slam, poésie et récit intime d'une parfaite cohérence
narrative, au plus près des émotions. Qu'il a dû être difficile à écrire !
Illustré de dessins de l'autrice, on ne peut pas s'interrompre avant de l'avoir
accompagnée jusqu'au bout. Je ne veux pas vous en dire plus, je ne veux rien
déflorer. Emilie Riger nous confie ce qu'elle a vécu avec ses enfants. C'est
juste sincère, pudique et bouleversant. Tu nous as confié ton coeur, on en
prendra soin comme toi de tes quatre petits gars..
Si vous ne vous précipitez pas sur ce lien pour commander le livre (disponible en version papier et e-book),
je ne vous parle plus ! Et si vous n'êtes pas émus, je mange mon
chapeau (soyez sympas, y en a 3 et le feutre c'est bourratif) !
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| De gauche à droite : Dominique Van Cotthem, Emilie Riger, Rosalie Lowie et Frank Leduc |
Merci à vous quatre pour cette tranche d'humanité que j'ai savourée tout en la
dévorant !
Recueil précédent :
et portraits de nos quatre fantastiques...
- Frank Leduc (portrait #1) 2020
-


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