Portrait d'auteur #63, mai 2026 : Frank Leduc VERSION 2.0
Au tout début de l’ère du blog (LOL) tu as accepté d’être
notre tout premier invité pour notre section «
Auteur à la Page ». Nous partions à l’aventure avec cette nouvelle
rubrique, sans trop savoir si cela allait plaire. Tu nous as porté chance, un
grand grand merci.. Depuis nous avons continué notre rythme de croisière d’un/e
auteur/e par mois.. et sommes très heureux et fiers de compter à présent 62
portraits.. Un beau chemin parcouru que nous pourrons poursuivre, nous
l’espérons, le plus longtemps possible.. au fil de notre passion et de
l’intérêt de notre lectorat.
Pour le portrait
du mois de juin, nous avons donc tout naturellement pensé à toi, en version 2.0
car les choses ont changé depuis 2019.… dans ta vie d’auteur, avec tes nouveaux
bébés de papier etc… Nous te remercions d’avoir accepté avec l’enthousiasme qui
te caractérise de repasser à la moulinette de notre questionnaire..
Peux-tu te
présenter en quelques mots pour nos lecteurs qui ne te connaîtraient (toujours)
pas -même si cela nous semble tout à fait inconcevable ?
Depuis une dizaine d’années j’habite dans le sud des Landes, tout près de Bayonne. Entre les pins et l’océan. Je suis formateur en management dans la journée et romancier la plupart du reste du temps.
Quels sont tes derniers coups de cœur ? Quel est le livre sur ta table de nuit en ce moment ?
Je viens de terminer « Qui vous ment » d’Alexis Laipsker, qui est vraiment très intéressant. Ce n’est pas un roman, mais un essai sur le mensonge et les moyens de les identifier. Récemment j’ai beaucoup aimé « Immersion » de Nicolas Druart, « la Dissonance des archanges » de Ludovic Bouquin, « On ne mange pas les cannibales » de Stéphanie Artarit, et la trilogie « Les parures de Paris » de mon amie Émilie Riger, qui est formidable, disponible chez Pocket.
Tu as rejoint la maison d’édition Belfond. Peux-tu nous dire en quoi cela a changé ta vie en tant qu’auteur ?
Signer dans une grande maison d’édition comme Belfond, c’est un privilège. Ça se mérite. En général on n’y arrive pas du premier jet. Je suis conscient de la chance que j’ai. En même temps, cela augmente l’exigence de l’écriture à tous les niveaux. On ne peut pas se reposer sur d’éventuels lauriers d’un roman passé. Peu importe, ça ne joue plus, il faut que le prochain manuscrit soit parfait et que ça envoie ! C’est une remise en question permanente qui est à la fois indispensable et stimulante.
Tu as choisi il y a quelques années de venir vivre près de l’océan. Peux-tu nous dire comment cela s’est imposé à toi ? A quel point cela est important pour ton équilibre (de vie, d’auteur).
Je ne suis pas venu dans le Sud-ouest par hasard. Une partie de ma famille, du côté de ma mère, est originaire d’ici. Depuis longtemps, j’avais envie de quitter Paris, de vivre en province et surtout au bord de la mer ! J’ai eu l’opportunité de le faire, suite à un plan de départ volontaire chez SFR, l’entreprise pour laquelle j’ai travaillé à Paris durant longtemps.
Ça a changé ma
vie. Plus que je ne l’imaginais à l’époque. Ça a également été un tournant dans
ma carrière d’auteur car, même si j’écrivais déjà un peu auparavant, c’est ici
que j’ai trouvé la sérénité et la quiétude pour le faire avec plus d’exigence
et d’ambition.
Ton lieu préféré pour t’adonner à la lecture ?
Il y en a beaucoup. Je crois qu’un bon roman est bien plus difficile à trouver qu’un bon endroit pour le lire ! Ceci dit, une chaise longue, à l’ombre des pins, c’est pas mal. Un chat sur les cuisses est un plus évident.
Le plus beau compliment qu'on t'ait fait sur tes romans/toi en tant qu'écrivain ?
Tous les compliments sur mes romans me font énormément plaisir. Quels que soient les mots pour le dire. Ça donne du sens à mon travail, au temps important que je passe à écrire, une sensation d’apporter quelque chose, d’être utile. Parce que divertir c’est utile, c’est même vital ! Le lien entre un lecteur et un auteur, via un livre, ressemble un peu à une relation intime, une rencontre, avec tous ses aléas. On ne peut pas savoir à l’avance à quoi s’attendre. Ça peut changer une vie.
Le truc le plus fou ou bizarre que l’on t’a demandé ou dit lors d’une dédicace récente ?
Là aussi il y en a beaucoup… La plus récente, le mois dernier, au festival du livre de Bruxelles, une dame assez âgée m’a dit qu’elle préférait passer ses soirées dans mes livres qu’avec son mari. Elle connaissait presque tout de moi. C’était très impressionnant. Je ne suis pas très à l’aise avec ça, je ne sais jamais trop quoi dire, ni comment réagir, mais c’est très réconfortant.
Tu as un lien particulier et privilégié avec tes lecteurs. Certains (comme nous LOL) te suivent depuis le tout premier roman. As-tu envie de nous parler de ce lien, en quoi cela est important/précieux pour toi ? En salon par exemple ?
Être publié peut donner la sensation d’avoir une importance fugace dans la vie de ses lecteurs. Une importance émotive. C’est évidemment très exagéré, mais je le ressens parfois comme ça. C’est une responsabilité aussi. Ce lien s’exprime effectivement sur les salons, mais également sur les blogs (comme avec Patrice et toi, même si on se connaît en vrai), sur les réseaux sociaux, sur les messageries privées, chez ma boulangère, et même par courrier (si si, tu sais le vieux truc avec une enveloppe et un timbre). J’essaie toujours de répondre aux messages qui me sont envoyés. Ça me prend de plus en plus de temps, mais je sais que ça ne sera pas éternel, alors j’essaie d’en profiter à plein.
Nous avons dévoré ton dernier polar avec ta magnifique héroïne Talia négociatrice du RAID. Peux-tu nous parler de sa genèse ? Ton envie de retrouver Talia pour cet opus. D’ailleurs…. (petit sourire malicieux), Talia reviendra-t-elle à un moment donné pour un prochain roman ? On connaît la réponse mais on fait comme si. 😁
Merci beaucoup. Ça me fait très plaisir que ça t’ait plu, à toi et à ton comparse barbu ami des chats. Talia Sorel m’a été largement inspirée par une ex-négociatrice du RAID, Tatiana Brillant, que j’ai découverte un soir à la télévision il y a quelques années. Elle venait y présenter son livre « La voix du RAID » aux éditions Mareuil. C’est une femme formidable, une véritable héroïne, en chair et en os. À travers elle, et aussi quelques autres dont j’ai étudié le parcours, j’ai été fasciné par ce rôle tout à fait particulier du négociateur à l’intérieur des unités d’élite d’intervention. La négociation, sous une pression maximale, sans filet, mais avec méthode, et dont l’enjeu est parfois la vie ou la mort des otages. J’ai décidé d’en créer un personnage de fiction. Une négociatrice, une femme, dans un univers très masculin, qui est confrontée dans Duel, comme dans Traqué, à une situation totalement hors du commun.
Scoop pour les lecteurs de MGBooks, je travaille sur un nouveau projet qui embarque Talia, ainsi que plusieurs personnages de Traqué, dans une nouvelle aventure. Une histoire d’avion…, qui j’espère sera publiée en 2027.
Nous connaissons "les 4 fantastiques" (Emilie, Dominique, Rosalie et toi) et savons l’importance de l’amitié dans ta vie. As-tu envie de nous parler de ce que vous créez ensemble ? Et en quoi cela peut alimenter ta créativité ?
Tu es bien informée. Nous avons effectivement tous les quatre une relation d’amitié et de proximité tout à fait particulière. Elle est née juste après les Prix Femme Actuelle que nous avons remportés en 2017 et 2018 (en 2017 pour Dominique et Rosalie et en 2018 pour Émilie et moi). On s’est d’abord fréquentés en binôme, avant de devenir un quatuor. Le point de départ a été la préparation d’une rencontre à Lyon pour un groupe de lecteurs. Depuis on ne se quitte plus. On échange sur nos projets, nos doutes, nos succès, nos échecs, on s’encourage, on se remonte le moral quand le besoin s’en fait sentir. Je suis très fier de faire partie de notre petit aréopage. Dans ma vie d’auteur, c’est même l’une des rencontres les plus importantes. Je trouve mes trois collègues féminines intensément talentueuses, audacieuses, aventureuses, dans des genres littéraires extrêmement différents qui vont du slam aux romans historiques, en passant par le théâtre et la littérature jeunesse. Je suis admirateur de leurs talents multiples. Mais je ne leur dis pas trop, parce que ça chambre beaucoup quand même… Je pense que quand j’arrêterai ma carrière d’auteur, un jour, il me restera ça, notre amitié, j’en suis sûr même.
Pour
matérialiser notre quartet, lui donner une existence publique, nous publions
chaque année en autoédition un recueil de nouvelles. J’en suis très fier parce
que, indépendamment du fait que j’y participe, je les trouve vraiment très
aboutis. Et de plus en plus avec les années. Ce ne sont pas juste des nouvelles
qu’on écrit comme ça sur un coin de table, mais des bouts de ce que nous
sommes, de notre époque, de ses tourments. Des histoires parfois très
personnelles. On donne le meilleur, il y a une émulation très forte entre nous,
l’envie de bien faire. Le dernier s’appelle « Un dimanche à la mer ».
Il vient de sortir et est disponible chez Bod édition, en librairie (le plus
souvent sur commande), en numérique, et sur les sites de vente en ligne.
Un grand merci, MGBooks, Marina et Patrice, pour cette interview et votre affection depuis mes tout débuts.
Du même auteur sur notre blog :
- Luc-Michel Fouassier (49)- Jean Calembert (50)- Isabelle Ménard (51)- Michaël Mention (52)- Anouk Shutterberg (53)- Nicolas Druart (55)- David Bry (56)- Alexandre Murat (57)
2026... on continue :)
Merci beaucoup les amis pour ce joli entretien. Et vive MGBooks ! Amitiés.
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