La plus jolie fin du monde, Solène Bakowski : Marina


La plus jolie fin du monde, Solène Bakowski
Éditeur ‏: ‎Editions Récamier (6 février 2025)
Broché ‏: ‎320 pages

Je referme le nouveau roman de Solène, la gorge nouée, les larmes au bord des yeux. Que d'émotion suscitée par ma lecture, que de surprises également, dans ce magnifique récit. C'est une pépite, une petite merveille. Le gros coup de cœur pour moi de ce début d'année 2025.


L'histoire d'une quasi octogénaire, Yan, la grand-mère et de Gaëlle, sa petite fille. Un récit beau, fort et poignant où il est question de transmission. Beaucoup d'humour également qui apporte de la légèreté à l'histoire. Enfin, des secrets de famille bien enfouis depuis des années, le tout servi par la plume sensible et poétique de Solène. 

Une lecture à déguster et savourer qui fait un bien fou. Un peu comme un doudou, un bon plaid soyeux et duveteux dans lequel vous envelopper qui vous tient chaud les soirs d’hiver. Vous ne voudrez pas refermer ce livre et en laisser partir les personnages. Vous êtes prévenus !


De quoi ça parle ?


Yan, vit sur une presqu'île en Bretagne. Lorsqu'elle fait un AVC, Gaëlle qui vit à Paris décide de venir la rejoindre. Une fois sur place, la petite-fille est désarçonnée par les propos que tient cette dernière qui semble très confuse : mélangeant les époques et les lieux, elle croit voir des choses qui n'existent que dans son esprit embrouillé depuis l'incident vasculaire. De ses propos décousus, Gaëlle retient la mention par son aïeule d'un signe qu'elle attendait depuis 55 ans, 6 mois et 17 jours. Comment Yan peut-elle être aussi précise ? Affabulation, vraiment ? Alors que ses filles Nathalie, accro au travail, et Carole en pleine déprime semblent s'être fait une raison et croire que leur mère déraille complètement, Gaëlle décide de ne rien lâcher. Elle va se muer en véritable enquêtrice et partir sur les traces de cette grand-mère complice dont elle connait finalement si peu la vie "d'avant" et dont elle est loin de soupçonner la richesse d'existence. 


Yan, en perdition, qui surnage entre deux mondes va trouver en sa petite fille une alliée pour recoudre les bribes de souvenirs qui lui restent avant qu'ils ne s'échappent totalement. Main dans la main, elles vont s'accompagner l'une l'autre, trouver des réponses et l'apaisement. Gaëlle, sans s'en rendre compte, embellit ce qui semble être les derniers jours de Yan et donne enfin un sens à sa vie à elle. L'auteure place sur le chemin de Gaëlle, une galerie de personnages riches en couleur et en sensibilité : Daniel l'agent immobilier, doux rêveur, chasseur de trésor, Aïna, une infirmière emphatique et douce, Martine la patronne du café de la presqu'île et bien d'autres encore. Ici, il est question de la place du passé dans notre présent, du temps qui passe, de ce qu'il nous reste de nos proches lorsqu'ils s'éteignent et de comment nous pouvons honorer et perpétuer leur mémoire. L'auteure évoque également la fin de vie qui est trop souvent encore un sujet tabou et qui fait peur. Entre passé et présent, elle entremêle avec beaucoup de fluidité et de talent des thématiques sociétales riches et nombreuses que je vous laisse découvrir.


Comme pour ses romans précédents, Solène nous fait vibrer tout au long des pages avec des personnages profondément humains et d'emblée extrêmement attachants. Cerise sur le kouign-amann (gâteau LOL) la Bretagne magnifiée sert d’écrin à son histoire. On peut en sentir les embruns et en imaginer sans peine les paysages au fil des mots.


Une histoire que j'ai trouvée solaire qui entrelace la vie et la mort, le bonheur et la nostalgie. Cela fera sans aucun doute écho en vous pour peu que, comme moi vous ayez eu une grand-mère rieuse, complice et facétieuse avec qui vous aimiez passer du temps.


Un roman qui vous remue et donne des frissons. Solène lors de la soirée de lancement nous a confié s'être beaucoup investie et livrée émotionnellement. Un récit qui vous fait comprendre l’importance de profiter des gens que l’on aime tant qu’on en a la possibilité. Ce sont des moments précieux.


La plus jolie fin du monde fait partie des rares livres que j'aimerais ne pas encore avoir lus.. pour le simple plaisir de le re-découvrir et le lire à nouveau :)


A lire également sur le blog :

Un Sac, Solène Bakowski
Lire c'est libre, Salon, Mairie de Paris 7ème, janvier 2020
Rue du rendez-vous
Le Livre sur la Place, Nancy 2022
Auteure à la page #29
- Ce que je n'ai pas su

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