L'hallali, Nicolas Lebel : Marina
Broché : 288 pages
©crédit photo MGBooks33 et Arno
Déjà, avant toute
chose, rendons à César ce qui lui appartient... ce roman est beau ! La
couverture claque... il faut dire que le rouge du Gibier nous avait
beaucoup plu, le bleu si particulier de La Capture nous
avait convaincus que les graphistes savent ce qu'ils font... là, pour L'hallali,
c'est une consécration ! Bravo donc à l'équipe du Masque, c'est très
réussi... Et si vous regardez attentivement la couverture, vous y verrez
un château (représenté légèrement en relief). Un château, où ça ?
Pourquoi ?
Suivez-moi, je vous livre quelques éléments
de réponse. Tout comme le Gibier et la Capture, L'hallali a un sous titre À
jouer double, on perd de vue sa cible : autant vous le
dire tout de suite, accrochez-vous car Nicolas Lebel (on ne pensait pas
forcément cela possible... mais si !) va encore au-delà de ce qu'il nous avait
concocté dans les deux premiers opus. Encore plus haut (ça me rappelle une
chanson)... le suspense, la qualité du récit et de l'intrigue, tout est monté
d'un cran !!
Nous retrouvons donc avec délectation notre
détective de choc Yvonne Chen. Notre ex flic de la Crim sans famille, sans
ami -et ne voulant pas s'en faire- craint le pire lorsque son téléphone sonne
un 5 janvier. Chiffre et date chère au coeur des Furies, ce groupe de
tueurs à gages sans état d'âme qui sont de retour et cette fois-ci
ils comptent bien l'entraîner dans leur "danse". Or Chen est
à présent un agent infiltré de la DGSI et elle est bien décidée à accepter
cette mission qui serait l'occasion pour elle de piéger ces assassins. Oui,
mais voilà, Nicolas Lebel, tel Houdini est passé maître ès illusions et il nous
fait déambuler dans une galerie des glaces, déformant au fur et à mesure les
certitudes sur lesquelles nous pouvions nous appuyer pour tenter de découvrir
la vérité.
Deux frères héritiers d'un prestigieux vignoble dans
les Vosges s'en disputent la propriété. Or, l'un des frères doit impérativement
convaincre l'autre de vendre le domaine pour éponger les dettes colossales
qu'il a contractées. Le groupe des Furies s'est vu proposer cette mission. Chen
s'engage dans l'aventure en sachant très bien qu'elle risque sa peau. Mais pour
cette ex-flic désabusée, cabossée par la vie, cela ne semble pas avoir autant
d'importance que ça. Chen nous semble au bout du rouleau... au fond du trou. De
plus elle est en lutte avec son identité... Chen ? Némésis, son nouveau
patronyme au sein des Furies ? Qui est-elle vraiment à présent ?
Entre faux-semblants et fausses pistes,
Nicolas Lebel se montre machiavélique dans les rebondissements qu'il a
orchestrés pour nous, ses lecteurs... Nous sommes pris dans ses filets dès les
premières pages et n'avons nulle envie de nous en échapper !
Le roman est séquencé de très habile façon
grâce aux mouvements de la danse élaboré par Alecto, le chef des furies. Un
Château prestigieux mais inaccessible, des conditions météorologiques qui le
rendent encore plus imprenable et rajoute une dimension de mystère et une
tension dans le récit qui laisse le lecteur pantelant. On échafaude des
théories pour les voir quasiment tout de suite mises à mal par un auteur
diablement inventif et rusé. C'est du grand art ! Justice ou châtiment ? Qui
est de quel côté ? Vous pensez vous approcher de la vérité... raté ! Il vous
faudra attendre les toutes dernières pages qui se lisent à fond les manettes
pour réaliser l'ampleur du projet imaginé par l'auteur et c'est tout bonnement
jubilatoire !
Un très grand cru que je vous recommande
fortement. D'autant que l'auteur distille au gré des pages son humour dont nous
sommes si friands. Nous craignons pour la vie de notre enquêtrice, qui n'a
pas son pareil pour se mettre dans les situations plus périlleuses les unes que
les autres. Ajoutez à cela, un soupçon de mystère, un fantôme, une cuve
contenant un nectar "le sang des glaces", produit par les vignes du
Château, et dont le prix est inestimable, un chef des Furies, Alecto plus
cabotin que jamais et vous obtiendrez un cocktail explosif !
FONCEZ en librairie vous le procurer de toute urgence. Nicolas Lebel s'est surpassé... on se retrouve à terminer le roman en étant tout simplement soufflés !



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