PEINES PERDUES, Nicolas Lebel : Yvon

PEINES PERDUES, Nicolas Lebel

Editions du Masque, 250 pages

Broché

© MGBooks33, salon La crème du crime, de la FNAC Bercy Village, Paris 2024


Le nouveau Nicolas Lebel ! Non, non, pas un Mehrlicht, pas tout de suite. Mais une tragédie carcérale, c'est ainsi que l'auteur appelle son roman. Roman noir, très noir, mais à la limite de la littérature dite "blanche" tant le soin apporté au style est frappant. Nicolas Lebel a repris les codes de la tragédie grecque : ce ne sont pas des chapitres mais des actes et des scènes, 5 actes comme il se doit. On a même les didascalies (*) et parfois même le nom des personnages est inspiré de l' Antiquité et de ses mythes. Mais on n'est ni obligé de les connaître ni même de prendre un dictionnaire pour être pris au piège de ce labyrinthe qu'est une prison. Nicolas Lebel a tricoté une intrigue à surprises dont la machinerie implacable mène à la tragédie. Mais pour qui ?


Théo est incarcéré à la prison Brueghel pour avoir tué accidentellement avec sa voiture une femme qui attendait le bus. Il est brisé, lui le lettré, le futur prof, emprisonné avec des "parrains", des "pointeurs", des islamistes, des braqueurs et des simples d'esprit.. entre autres. Et, une fois par mois, Théo rencontre Pierre Moulins l'époux de celle qu'il a tuée. En échange de cette rencontre reconstructrice, il pourra envisager une libération anticipée. Le pauvre Théo qui est devenu le souffre-douleur régulier de Minotti, un parrain marseillais qui lui casse la g.. avec application dans l'indifférence générale. Théo est sur une pente descendante et la liberté est encore loin..


Nicolas Lebel vous réserve des surprises. Le jeu de rôles, de miroirs est terrifiant. La prison, c'est bruyant, sale, ça pue, on dort mal, on mange mal, on est agressé, battu, tué parfois. Les islamistes font régner la terreur et on n'est à l'abri nulle part. Dehors, ce n'est pas mieux pour les familles. Pour Claire la compagne de Théo, pour Chrystel celle de Minotti.. La prison peut faire du mal, même dehors. Moulins lui est très ( trop ?) insistant pour se faire raconter encore et encore les dernières minutes de sa femme. Et au milieu de tout cela, un aveugle prophétise la mort mais les matons ne peuvent pas tout empêcher..


J'ai dévoré ce roman en deux fois. D'abord, l'acte 1 tranquille, classique. Puis, la seconde fois, je n'ai pas pu m'arrêter. Actes 2,3,4,5 ! On avance vers le drame, on sent que ça va finir dans le sang. Celui de qui ? La vengeance ? Pour qui ? La punition ? Sadique. Pour qui ? La mort, de toute façon. Ou pire..


On s'y voit. On entend les cris, les rires, les hurlements. La violence, les moqueries, le regard qui tue, la menace omniprésente, le repos.. jamais. Et l'auteur qui vous piège dans le plus littéraire de ses romans, le labyrinthe est sans issue. Le Minotaure est là, prêt à vous dévorer. 


Foncez, vous verrez, Nicolas Lebel a "des lettres" comme on dit et il s'en sert à merveille !



A retrouver sur le blog :

L'Heure des fous d'Yvon
- Le jour des morts d'YvonS, de Marina
- Sans pitié ni remords d'Yvon, de Marina

Lire c'est libre, salon à la Mairie du VIIe, Paris, janvier 2020, Marina
La nuit blanche des livres à la Garenne-Colombes, retrouvailles avec nos auteurs
- Le Gibier, Yvon et Marina

- L'Hallali, Marina et Yvon

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Auteur à la page #13, avril 2021, Olivier NOREK